Inscrivez-vous à notre newsletter

COMMUNIQUÉ À L’ATTENTION DES PARTENAIRES ET DONATEURS D’ELISECARE

Chers amis, chers donateurs, chers partenaires,

Depuis la parution de deux articles dans le quotidien Libération le 10 mai dernier, certains de nos soutiens s’interrogent sur la crédibilité à accorder aux graves accusations qui remettent en cause notre engagement quotidien auprès de populations fragiles au Kurdistan et en Irak.

Je veux aujourd’hui répondre à leurs questions légitimes, y répondre par les faits et la raison et non sous l’emprise de l’émotion qui nous a étreints ces derniers jours.

  • L’audit diligenté par le ministère des Affaires étrangères. Cet audit a en effet relevé des dysfonctionnements dans nos procédures administratives, qui découlent de notre inexpérience en la matière et du fait que notre énergie est avant tout mise au service du travail sur le terrain en faveur des femmes et des enfants qui souffrent.

Nous avons aussitôt élaboré et commencé à mettre en œuvre toutes les mesures correctrices qui s’imposaient. Nombre de ces mesures sont déjà en place. Un calendrier très précis et resserré est fixé pour celles qui restent à implémenter.

  • L’utilisation des fonds publics. Pour diverses raisons, en particulier d’ordre géopolitique, la totalité des subventions qui nous avaient été allouées n’a pas pu être dépensée dans les délais prévus par les conventions qui nous liaient aux pouvoirs publics. Une partie a donc simplement été dépensée hors délai : dès lors, elle ne pouvait plus être éligible dans le cadre des conventions et c’est pourquoi l’audit a estimé que nous devions la rembourser. Ce montant atteint  151.691, 72 euros dépensés entre le 15 juillet et le 31 décembre 2018.Il en va de même pour une autre fraction de ces subventions, mobilisée pour un projet qui n’avait pas été décrit dans notre demande initiale de subvention ainsi que des dépenses de logistique liées au démontage du camp d’Ainkawa. Ce projet  « Main dans la Main » qui a eu lieu en juin 2018 sur la base nautique de Jablines (77) a été pris en charge à hauteur de 18 000 euros. Là aussi, l’audit a estimé que même si le projet bénéficiait bien aux enfants dont nous nous occupons, nous devions rembourser les sommes engagées. Par ailleurs, le MEAE a déclaré inéligibles 30.330,95 euros de dépenses de préparation, engagées avant le début de la mission. Le remboursement de ces sommes est engagé. 
  • Ma rémunération. J’ai dû me désengager très significativement de mon activité professionnelle pour consacrer une grande partie de mon temps aux soins et aux formations délivrées sur le terrain, j’ai perçu pour toute rémunération 1 136 euros nets mensuels en 2017 et 2018.

Par simple négligence administrative, cette somme ne m’a pas été versée mensuellement mais en plusieurs fois, ce qui explique le montant des factures émises en fin d’année, en 2017 et 2018. 

Je n’ai perçu aucune autre somme d’EliseCare  durant ces deux années ni perçu la moindre rémunération les années précédentes.

Les accusations selon lesquelles nous n’aurions pas réagi de manière appropriée face à des accusations d’agressions sexuelles et de viols portées à l’encontre de notre chef de mission en Irak. 

Dès que nous avons été informés de ces accusations, nous avons immédiatement saisi les autorités françaises en Irak et à Paris et diligenté une enquête interne confiée à un avocat expérimenté, qui a scrupuleusement respecté les normes fixées par le Conseil de l’ordre des avocats de Paris.

Cette enquête extrêmement sérieuse et approfondie a donné lieu à une trentaine d’auditions, a permis d’analyser l’intégralité des échanges messages et audio entre les équipes, ainsi que les extraits vidéos des caméras de vidéosurveillance actifs 24h/24 devant les bureaux et logements. Il en est ressorti qu’aucun des témoignages ni des éléments relevés n’a permis de confirmer les déclarations des deux plaignantes.

Notre chef de mission en Irak a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse auprès du procureur de la République de Paris. Entendue dans ce cadre par les services de police, l’une des deux plaignantes a par la suite répondu en saisissant la justice à son tour. Sa plainte a fait l’objet d’un classement sans suite, tout comme celle de notre chef de mission. 

Compte tenu des graves incohérences affectant les déclarations des plaignantes, nous avons renouvelé notre confiance à notre chef de mission, qui a exercé pendant 15 ans dans le cadre de missions humanitaires pour le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés à Mossoul, Médecins du Monde et US AID avant de rejoindre EliseCare en janvier 2015, sans que le moindre écart de conduite ne lui soit reproché.

Le rapport d’enquête est à la disposition de ceux qui voudraient le consulter, dans les bureaux d’EliseCare.

EliseCare est une jeune association qui a su rapidement s’intégrer dans le milieu humanitaire. Nous avons commis des erreurs mais nous avons engagé et mis en place les moyens nécessaires pour qu’elles ne se reproduisent plus.

L’essentiel est que nous puissions, avec vous, grâce à vous, poursuivre notre travail, au service des 3200 femmes victimes de viol que nous soignons, des 5000 enfants soldats que nous récupérons des griffes des terroristes de Daech. Nous espérons que ces explications vous convaincront que nous méritons votre confiance et que vous resterez présents à nos côtés pour nous aider à rendre possible l’avenir de ceux que nous soutenons.